L’indemnité du maire de Paris ne relève pas d’un salaire au sens du droit du travail. C’est une indemnité de fonction encadrée par le CGCT, calculée à partir de l’indice brut 1027 de la fonction publique et modulée par un taux fixé selon la strate démographique de la commune. Pour Paris, commune de plus de 100 000 habitants, ce taux atteint 145 % de l’IB 1027.
Indice brut 1027 et taux applicable au maire de Paris
Le mécanisme de calcul repose sur la valeur du point d’indice de la fonction publique, revalorisée périodiquement par décret. Au 1er janvier 2026, l’indemnité brute mensuelle pour un maire d’une commune de 100 000 habitants et plus s’élève à 5 960,26 euros brut, selon le barème publié par la Direction générale des collectivités locales.
Paris bénéficie en sus d’une majoration maximale de 40 % applicable aux communes de cette strate. C’est cette majoration qui porte l’indemnité théorique du maire de Paris nettement au-dessus du plafond de base. Le Conseil de Paris délibère sur l’application de cette majoration, mais nous y reviendrons.
Les maires d’arrondissement de Paris perçoivent une indemnité distincte, calculée sur un taux de 72,5 % de l’IB 1027, soit 2 980,13 euros brut mensuels selon le même barème 2026. L’écart avec le maire de Paris illustre la hiérarchie fonctionnelle entre exécutif central et exécutifs d’arrondissement.

Loi du 22 décembre 2025 sur le statut de l’élu local : ce qui change pour la fixation des indemnités
La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 a modifié l’équilibre politique autour de la fixation des indemnités de maire. Avant cette réforme, le conseil municipal devait voter pour attribuer l’indemnité au taux plafond. Depuis son entrée en vigueur, l’indemnité est automatiquement au plafond légal sans délibération spécifique.
Le conseil municipal ne peut délibérer sur le montant que si le maire lui-même demande expressément une réduction. Cette inversion de la logique supprime la possibilité pour l’assemblée d’afficher un geste de modération sans initiative du titulaire du poste.
Concrètement, à Paris, le maire perçoit par défaut le taux maximal prévu à l’article L2123-23 du CGCT. La DGCL a confirmé ce fonctionnement dans une note d’information du 9 février 2026. Nous observons que ce mécanisme rend plus transparente la fixation de l’indemnité, mais neutralise aussi le levier politique que représentait la délibération en conseil.
Plafond de cumul des indemnités : la règle des 8 897 euros brut
Un élu qui cumule plusieurs mandats indemnisés (maire, fonctions intercommunales, conseiller départemental ou régional) ne peut pas additionner librement les montants perçus. Le CGCT fixe un plafond global de cumul à une fois et demie l’indemnité parlementaire de base, soit 8 897,08 euros brut mensuels.
Pour le maire de Paris, ce plafond a des conséquences directes :
- Si le maire exerce une autre fonction indemnisée (par exemple au sein d’un établissement public territorial), l’une des indemnités est réduite pour respecter le plafond de 8 897,08 euros brut
- Le montant affiché dans les barèmes (5 960,26 euros brut, voire davantage avec majoration) ne correspond pas nécessairement au montant effectivement perçu en cas de cumul
- Les articles de presse citent souvent le montant théorique sans mentionner l’écrêtement, ce qui fausse la perception publique de la rémunération réelle
Frais de représentation du maire de Paris : un poste distinct de l’indemnité
Les frais de représentation ne sont pas une composante de l’indemnité de fonction. Ils relèvent d’une ligne budgétaire séparée, votée par le Conseil de Paris, destinée à couvrir les dépenses engagées par le maire dans l’exercice de ses fonctions de représentation nationale et internationale.
La Ville de Paris a publié en octobre 2025 un état détaillé des frais de représentation de la maire et des maires d’arrondissement, dans le cadre d’une démarche de transparence. Le budget global de la Ville dépasse 11 milliards d’euros par an, et les frais de représentation y occupent une fraction marginale.
La fonction de maire de Paris implique des réceptions de délégations étrangères, l’accueil de personnalités et la participation à des événements majeurs. Les Jeux Olympiques et Paralympiques ont, par exemple, généré un volume de représentation exceptionnel. Ces frais sont distincts des indemnités et ne sont pas soumis aux mêmes plafonds.
Adjoints au maire et conseillers municipaux parisiens
Les adjoints au maire de Paris perçoivent une indemnité calculée sur un taux maximal inférieur à celui du maire, proportionnel à la strate démographique. Les conseillers municipaux disposent également d’indemnités de fonction, à condition qu’une délibération le prévoie.
Le communiqué de la Ville de Paris d’octobre 2025 précise que les indemnités sont cumulables avec d’autres indemnités électives, mais restent soumises au plafond général de cumul. Cette règle s’applique uniformément à tous les élus parisiens, pas uniquement au maire.

Cotisations sociales et fiscalité sur les indemnités du maire de Paris
Les indemnités de fonction des élus locaux sont soumises à des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, cotisation retraite IRCANTEC) et à l’impôt sur le revenu. Le montant brut affiché dans les barèmes ne correspond donc pas au montant net perçu.
Deux options fiscales coexistent :
- La retenue à la source forfaitaire, appliquée directement sur l’indemnité, avec un abattement spécifique prévu par le code général des impôts
- L’intégration de l’indemnité dans les revenus imposables au barème progressif, parfois plus avantageuse selon la situation fiscale globale de l’élu
- Les cotisations retraite IRCANTEC, obligatoires, qui ouvrent des droits à pension pour les élus n’exerçant pas d’activité professionnelle parallèle
L’écart entre le brut affiché et le net perçu dépasse couramment 30 %, un point rarement détaillé dans les articles grand public. Pour le maire de Paris, cela ramène l’indemnité nette mensuelle bien en dessous du montant brut théorique de 5 960,26 euros (hors majoration).
La loi de 2025 sur le statut de l’élu local n’a pas modifié le régime fiscal des indemnités. Elle a en revanche renforcé les droits à formation et à reconversion, sécurisant le parcours post-mandat des élus locaux sans toucher au traitement fiscal de l’indemnité elle-même.